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Cet article s'inspire très librement d'une histoire vraie: la mienne. Pour certaines personnes qui ne comprendraient pas le patois wallon, le mot "biesse" signifie con avec une connotation minable.
Le reste - les évènements et les personnes citées - ,tout le reste n'est pas une pure fiction.
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(¯\_/¯\_/¯\_/¯\_/¯\_Ma naissance, mon enfance/¯\_/¯\_/¯\_/¯\_/¯)
Fallait vraiment vouloir faire chier son monde pour naître un 31 décembre 1987 à 22h30, d'autant plus dans une biesse ville comme La Louvière, dans une biesse chambre avec vue sur un biesse terrain de foot pourri. Mes parents voulant m'épargner une biesse éducation, m'inscrirent dans une école primaire considérée comme élitiste, pas très loin de mon biesse village. Je rentrais en 1ère année à l'âge de 5 ans et demi avec une institutrice aussi sèche que mes biesses mains en hiver. Quand je rentrais à ma baraque, ma mère travaillant le soir, mon père faisait tout ce qu'il pouvait pour m'aider à faire mes devoirs. Ajoutez à mon jeune âge un père immigré Italien qui remplissait mes biesses oreilles de son accent latin et de ses inombrables fautes de français. Parfois je commençais une phrase en français et la terminait en italien. Mon père apprenait en même temps que moi les subtilités de la langue française et la géographie de notre plat pays. Malgré que je n'ai jamais atteint les 80%, je terminais ma scolarité dans une école qui était loin d'être biesse.
.-**-.__.-**-..-**-.__.-**-.Ma scolarité en secondaire.-**-.__.-**-..-**-.__.-**-.
Ayant été dans une école à connation élitiste, mes parents m'avaient bien sûr inscrit à l'école secondaire juste en face (écoles qui se trouvaient néanmoins dans un biesse village aussi) très réputée. Etant une biesse et rebelle fille, je n'adhérais pas aux codes très stricts de cette école. De ma volonté, je fis part à mes parents de me rendre dans une école technique, devinez où? Oui, dans mon biesse village. Cette école était l'opposé de la prestigieuse école que je fréquentais auparavant. Ici, il y avait de biesses jeunes morts pétés, des biesses cas sociaux (où aussi appelés "boyard", "baraki" ou encore "béker"), des biesses enfants de divorcés, des biesses enfants de chômeurs professionnels. Sans compter que le bâtiment était tout aussi biesse, avec de biesses profs qui ne savaient pas quoi inventer pour nous motiver, de biesses classes préfabriquées qui tombaient en ruine et dont les femmes de charges ne prenaient plus la peine de nettoyer. Bref, une biesse école. Plus tard, avec du recul et grâce à ma formation d'enseignant, je me rendis compte à quel point cette période à été riche pour moi, ces biesses profs en question m'ont apporté une affection et une compréhension inégalées (surtout ma prof de français qui m'a incité à faire des études en français car elle adorait mes biesses rédactions). Mêlé à cette biesse scolarité, je connus une adolescence délirante mais toujours saine. Je terminais , avec les 10 doigts dans le nez, mes secondaires en secrétariat tourisme informatique.
₪ - ₪ - ₪ - ₪ - Mes études supérieures₪ - ₪ - ₪ - ₪ - ₪
Finalement j'étais décidée à 17 ans à suivre des études de prof de français. Tous les matins je prenais le biesse bus 167 pour arriver à la biesse gare de La Louvière sud et prendre le biesse train de direction de Mons. Tous les matins je parcourais à pied la ville pendant 10 bonnes minutes. Rapidemment, je compris que la ville de Mons m'empêcherait de porter définitivement mes biesses talons aiguilles de chez Awa (démolis au bout d'une journée). Mes copines parfaitement Montoises me disaient:"Mais, t'as un acceeeeent. Tu viens d'où hein?". Vivant entre La Louvière et Charleroi, mon biesse village m'avait doté de cet accent et d'une intonation introuvables où je coupais toujours mes E en fin de mot et dont j'étais incapable de dire "brûûûle", la bouche en avant comme si je donnais un bisou, non, moi je disais plutôt "breuule". Avec un accent pareil, j'étais mal barrée devant ma prof de grammaire tyrannique. En janvier, cette même prof, devant toute la classe avait dit que certaines personnes de cette classe était à la limite du "crétinisme". Je ne savais même ni que ce biesse mot pouvait exister, mais j'avais compris qu'elle parlait de moi car je n'étais pas très douée en grammaire en ce temps là. Biesse femme va! Comme j'appréciais l'enseignement, je me dirigeais vers l'enseignement primaire, devinez où? Dans ma biesse région! Cette école se trouvait justement à côté de mon école primaire. Ma biesse région m'appelait sans cesse. Et puis paf, comme si un biesse ange était tombé sur la terre, je rencontrais un type qui allait être l'homme de ma vie. Un type qui habitait à 30 km de chez moi et dont sa région ne comportait pas d'accent. Bref, un type loin d'être biesse.
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Dans 6 mois je termine mes biesses études d'institutrice primaire. En attendant, tous les matins je prends mon bus (toujours en retard) dans lequel je rencontre des déchets humains, genre des biesses gamins de 16 ans fumant un joint à 8h du matin, un biesse type qui pue la bière où encore de biesses pétasses de 14 ans plus bronzées que moi et toute l'année en plus. La plupart d'entre eux s'arrêteront deux arrêts plus loin que moi, à une biesse école réputée pour acceuillir des cas sociaux et violents, enfin un peu ce genre d'école où l'on forme des maçons, des électricients etc. Etablissement où je m'efforce de ne pas avoir de préjugés mais qui malgré tout, accueille les jeunes en plein décrochage scolaire. A tous mes futurs collègues enseignants travaillant dans ce genre d'école, je leur retire mon chapeau car ils s'efforcent dans doute de donner un sens à la vie de ces jeunes victimes de ma biesse région.
Finalement, en réfléchissant bien, je n'ai pas eu une si biesse vie que ça malgré ma région. Je crois que peux même être fière de moi. Bien sûr, ici ce n'est pas la banlieue parisienne (faut pas exagérer), mais c'est surtout une des régions les plus démunies de Belgique. Ayant été une fille et une petite-fille d'immigrés italiens ne pétant pas un mot de français, où mon grand-père se ruinait la santé au fin fond des mines et où mon père a fuit une Italie des années 70 entièrement corrompue; devenir enseignante, c'est une belle revanche non? D'autant plus que j'ai trouvé l'homme de ma vie avec qui l'avenir me sourit agréablement, c'est aussi une belle revanche sur ma vie non? Malgré cette biesse fille que j'étais, je dois admettre que je me suis toujours accroché à la vie, aussi biesse soit-elle là où je vivais. Un jour, j'ai fermais mon coeur devant un de mes petits élèves dont sa mère avait été assassinée à coups de marteaux par son beau-père (biesses familles recomposées!) à quelques mètres d'ici. Mais heureusement, un jour je l'avais ouvert à un homme qui en valait la peine et qui me disait toujours:"Ta biesse région", mais qui néanmoins m'aimait sans compter.
Merci à toi ma biesse région.
Pourquoi avoir mis le clip de Sopranal sur cet article? De 1, je suis tout simplement morte de rire en regardant cette vidéo; de 2, Sopranal fait une allégorie de ma région et dont son clip se rapproche de la réalité et de 3; pour faire connaître à tous les Français ou Bruxellois de passage à quel point la Wallonie ne se porte pas si mal que ça et qu'on peut y vivre, y faire une famille et une brillante carrière.PS: cet article est aussi moche que ma biesse région. :D